Le tabac, problème majeur de la santé mondiale.

Aujourd’hui, 7 millions de personnes meurent chaque année à cause des effets du tabac, ce qui en fait la première cause de mortalité dans le monde. Les chiffres sont d’autant plus révélateurs que sur ces 6 millions de personnes, 600 000 sont des non-fumeurs exposés malgré eux à la fumée de cigarette. Sur le long terme, 50% des fumeurs actuels vont mourir d’une maladie liée au tabac. Et si ce problème est bien connu des pays riches et industrialisés, il est important de rappeler que 80% des 1,3 milliards de fumeurs dans le monde vivent dans les pays pauvres ou en voie de développement, là où bien évidement le taux de mortalité lié au tabac est le plus élevé.

Si l’aspect sanitaire est à mettre au premier plan, il est important de souligner les conséquences économiques et sociétales que peuvent avoir les décès prématurés liés au tabac. Certaines familles peuvent ainsi se voir privées de revenus à cause du décès d’un des deux parents, ce qui peut être catastrophique dans certains pays en voie de développement. L’augmentation inéluctable des soins de santé est également un frein au développement économique de ces pays. La mise en place d’une politique de prévention à l’échelle mondiale est donc une nécessité que l’OMS s’emploie à mettre en place depuis maintenant plusieurs années, avec des effets notables mais pas encore suffisants.

Le thème pour la Journée mondiale sans tabac 2017 est le suivant : «Le tabac – une menace pour le développement». L’objectif se veut large afin de mettre en lumière les risques sur la santé mais aussi sur le développement durable de tous les pays, afin d’amener ces derniers à progressivement cesser toute activité liée au tabac et à sa culture.

Quelles actions pour quels résultats ?

 L’OMS est très impliquée dans la lutte mondiale anti-tabac. Sa convention-cadre à ce sujet est entrée en vigueur en février 2005 et est devenue l’un des traités les plus largement acceptés de l’histoire des Nations Unies : 180 pays qui représentent près de 90% de la population de la terre. L’action menée peut se résumer selon les 6 points ci-dessous.

  • Surveillance de la consommation de tabac et des politiques de prévention :

Une surveillance continue des habitudes de consommation des populations permet de savoir comment adapter au mieux les politiques anti-tabac. Seul un pays sur trois, représentant un tiers de la population mondiale, surveille la consommation de tabac chez ses habitants, ce qui permet la mise en place de mesures ciblées et plus efficaces.

  • Protection de la population contre la fumée du tabac :

Il s’agit ici de la lutte contre le tabagisme passif et il n’existe pas de niveau en-dessous duquel ce dernier serait sans danger. Aujourd’hui, environ 1,3 milliard d’individus, soit 18% de la population mondiale, sont protégés par des lois nationales complètes sur l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

  • Apport d’une aide à ceux qui veulent renoncer au tabac :

Des services complets d’aide au sevrage existent mais ces derniers ne sont accessibles que dans 24 pays, soit environ 15% de la population mondiale. Ce sont les pays les plus pauvres qui sont à la traine, un quart d’entre eux ne proposant aucune aide en la matière.

  • Mise en garde contre les dangers du tabagisme :

Les campagnes choc contre les méfaits du tabac présentes sur les paquets permettent de réduire le nombre d’enfants qui commencent à fumer et d’augmenter le nombre de fumeurs qui décident d’arrêter. Cependant, seuls 42 pays, abritant 19% de la population mondiale, respectent les meilleures pratiques sur les mises en garde illustrées.

  • Assurance du respect de l’interdiction de publicité en faveur du tabac, de la promotion et du parrainage :

L’interdiction totale de toutes formes de publicité pro- tabac, de promotion et de parrainage permet une réduction de la consommation de tabac de 7% en moyenne, avec des pics atteignant jusqu’à 16% dans certains pays. Mais encore 1 pays sur 3 limite peu, voire pas du tout, la publicité en faveur du tabac, la promotion et le parrainage.

  • Augmentation des taxes sur le tabac :

Les taxes sur le tabac sont le moyen le plus efficace de réduire la consommation, une augmentation de 10% du prix faisant reculer la consommation de 4% à 5%. Cela reste pourtant une mesure rarement utilisée, car seuls 33 pays, abritant moins de 10% de la population mondiale, taxent le tabac à plus de 75% du prix de vente au détail.

 

 

CHIFFRES CLÉS :

Le tabagisme en France :

  • On compte environ 16 millions de fumeurs en France soit un tiers des personnes de 15 à 85 ans (32 %) qui fume ne serait-ce que de temps en temps (36% des hommes et 28% des femmes).
  • Chaque année, le tabagisme actif est considéré comme responsable de plus de 73 000 décès prématurés en France.
  • La moitié des victimes du tabac meurent jeunes, entre 35 et 69 ans.
  • 90 % des cancers du poumon sont attribuables au tabagisme.
  • La fumée de cigarette contient plus de 4 000 substances chimiques dont au moins 50 sont cancérigènes.
  • Plus de 54 milliards de cigarettes sont vendues en France chaque année. L’État perçoit aux alentours de 15 milliards d’euros de taxes qui correspondent au coût social du tabac supporté par la collectivité.

 

Inpes http://www.inpes.sante.fr Septembre 2013
Tabac Info Service http://tabac-info-service.fr Septembre 2013
Cour des comptes, Rapport d’évaluation les politiques de lutte contre le tabagisme, Page 102, 13.12.2012.

Le tabagisme dans le monde :

  • 1,3 milliard de fumeurs dans le monde
  • Le tabac tue la moitié de ceux qui en consomment.
  • L’épidémie de tabagisme tue près de 7 millions de personnes chaque année. C’est la première cause de mortalité dans le monde.
  • 600 000 sont des décès liés au tabagisme passif !
  • Plus de 8 millions de décès chaque année d’ici à 2030 sans une intensification de l’action de prévention.
  • Le cout économique total du tabagisme s’élève à plus de 1250 milliards d’euros par an, soit 2% du PIB mondial.
  • 1 milliard de personnes vont mourir à cause du tabac au cours du XXIème siècle
  • Plus de 80% des fumeurs dans le monde vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.

Sources : OMS