Start-up : après les tickets-resto, les chèques Santé ?

Vincent Daffourd et Guillaume Gallois proposent aux entreprises, collectivités et associations des chèques santé pour améliorer l’accès au soin des salariés. Leur argumentaire : la réduction des risques psychosociaux et des maladies professionnelles généreront des économies pour tous.

Les idées de business surgissent parfois dans des circonstances pour le moins inattendues. C’est une maladie professionnelle qui a amené Vincent Daffourd et Guillaume Gallois à se rencontrer puis lancer leur société. Le premier est atteint d’une fibrose, le second est kinésithérapeute respiratoire. « Nous avons constaté que dans le large éventail des titres prépayés –restaurant, cultures, cadeaux-, il n’existait aucun dispositif pour la santé, raconte Vincent Daffourd. Nous avons donc monté un projet d’entreprise de commercialisation de chèques santé. »

Dématérialisation des titres santé

Après deux années d’incubation à Via Innova, pépinière basée à Lunel, dans le Languedoc-Roussillon, les deux associé lancent, début 2014, Chèque Santé. Outre le positionnement inédit sur le secteur de la santé, la start-up se distingue par la dématérialisation des titres. Les utilisateurs règlent la note via une carte prépayée ou leur smartphone. « La dématérialisation permet d’éviter la perte des titres papiers… et de limiter les frais de gestion », poursuit le dirigeant.
Une piste d’économie pour les entreprises

La commercialisation du produit a été lancée en septembre. Les clients ? Les entreprises, les comités d’entreprise, les collectivités, les associations… Bref, la cible est large mais le produit attirera-t-il ? Vincent Daffourd n’en doute pas une minute. « Les entreprises ont tout intérêt à les proposer. Les chèques santé limiteront l’absentéisme car ils permettent aux salariés d’accéder à des professionnels dont les prestations ne sont pas ou peu remboursées par la sécurité sociale et les mutuelles. » Comprenez les spécialistes médicaux non conventionnés, thérapeutes para-médicaux ou encore les prestations sur devis, comme les prothèses, orthodontie. « Il s’agit de faire du préventif plutôt que du curatif sur les troubles musculo-squelettiques, le stress. Et réduire les risques psychosociaux. Prenez la dépression professionnelle, elle coûte 617 milliards d’euros à l’échelle européenne et représente une perte de productivité évaluée 242 milliards d’euros », affirme-t-il.
10.000 professionnels de santé adhérents

Une solution de salubrité publique, à l’en croire, notamment pour la Sécurité Sociale. Cette dernière préfère pour le moment ne pas se prononcer sur le sujet. Les professionnels de santé, de leur côté, adhèrent : 10.000 d’entre eux –nutritionnistes, chirurgiens dentistes, coachs sportifs, ostéopathes- ont signé. « Tous sont inscrits au répertoire Ameli », tient-il à préciser. Le défi sera maintenant de convaincre les entreprises. « L’accueil des comités d’entreprise est très positif, assure-t-il. Le CE d’une entreprise de 46 .000 salariés en France a signé une lettre d’intention ». Ses objectifs ? Vincent Daffourd préfère pour l’instant rester discret .

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Source : Ophélie Colas des Francs / m.business.lesechos.fr